

Parait que la Poutinerie c'est l'évolution dans le monde de la poutine, avec ses 100 variétés de poutine, napées d'un choix de 6 sauces maisons. Pour nos goûteurs à l’estomac suicidaire, fallait vérifier de visou. Je sais, je sais : how the hell ont-ils pu créer plus de 100 sortes de poutine ??! C’est yien’k des frites, d’la sauce pis du fromage barnak ! Facile. 20 choix de condiments X 6 sauces différentes = 120 poutines différentes. Déjà on sent qu’ils jouent sur les mots, qu’ils manipulent notre perception des possibilités qui s’offrent à nous, la confiance s’é-frite. Aurions-nous eu tort de s’y aventurer ?
En arrivant face à La Poutinerie, c’est la consternation : on est accueillit par une immense poutine aux grosses lèvres rouges et au regard obscène qui va ben venir hanter nos nuites, c’est comm’ E rien.
Mais sitôt le seuil franchit c’est la frénésie collective qui s’emparent des gouteurs, nos papilles se conditionnent : on peut facilement passer 15 minutes devant le menu à envisager les mélanges possibles. On veut surtout pas se tromper. Faudrait pas. Faut faire le bon choix… On examine l’éventail du possible, on se branche, on sait plus, on doute, on soupèse la question, on jauge le niveau de risque, on évalue en fonction des facteurs extérieurs, on ne laisse rien au hasard d’un coup, D’UN COUP, qu’on en prendrait une qui goûte weird, estie que c’est sophistiqué comme complication. Incertains, fébriles et tremblants, avec l’impression de passer à coter de quelque chose qui pourrait être majeur, on finit par jouer safe. On est en territoire inconnu, on veut pas avoir un fond de container su’nos frites, quand même. Not’ mère nous l’avait ben dit : trop, c’comme pas assez.
Testé : la forestière, une poutine classique sauce brune avec des champignons grillés en sus. Coupées maison avec amour, cuites jusqu’au brunissement adéquat dans une huile que l’on devine renouvelée sur une base réglementaire, les pétaks frites sont satisfaisantes, voir agréables sous le palais. L’idée des champignons n’est pas dégoûtante, mais on s’ennuie un peu de l’oignon. Faudrait user d’audace la prochaine fois et s’aventurer plus loin dans le menu. Le fromage fait kwick kwick, réjouissances pour la dentition avide de produits régionaux frais. Notre bémol vient de la sauce, que nous avions sélectionnée brune, et qui s’est avérée trop affaiblie coter saveur. Un peu clairote, il y manquait le je ne sais quoi qui nous fait dire : ça c’t’une estie de bonne sauce à pout’ ! Quand même pas abominable, la sauce brune de la Poutinerie manque juste de punch. On sait pas trop pour les 5 autres sortes de gravy.
Sinon le personnel est sympathique, fier de leur concept qu’ils disent novateur (0n leur dira pas que ca existe pour la crème en glace molle, pour les toppings à hot doye pis les positions du kamasutra). Le décor est couleur vert caca d’oie et d’une propreté plus qu’acceptable. Élément winner, ils ont une cool terrasse à l’arrière qui permet de manger notre ration de suif pataté sous un soleil de plomb avec du Rock Voisine craché d’un tit-speaker en coin. Prenez garde aux journées de canicule, puisque la température à l’intérieur de La Poutinerie est toujours 10 degré de plus qu’à l’extérieur.
Bref, la poutine est bonne, mais c’est pas la meilleure. N'empêche, elle dépanne et vaut le détour quand le besoin de variété se fait sentir!
Ça se mérite un deux belles boulettes contentes!